Lâchetés

Publié le par HIRSCH

 

 

Depuis le 2 mai dernier plus d'un milliers de travailleurs sans-papiers isolés occupent la Bourse du Travail dans le 3 ème arrondissement de Paris.

 

Depuis le 2 mai dernier c'est à un véritable lâchage collectif auquel nous avons assisté !

 

Parce que ces femmes et ces hommes ont été contraints à l'isolement, du fait du refus de la CGT de prendre en charge leurs dossiers de demandes de régularisation ; parce que finalement ils ont dû préféré la liberté à l'aliénation, et bien, on les a punis !

 

On les a punis en les isolant, en les marginalisant, en les laissant croupir sur leurs paillasses cartonées de fortune, dans une enceinte syndicale où on leur a généreusement attribué un sanitaire pour 1300 et un robinet dans la cour, le « robinet du chien »qui vient laper quelques gouttes dans la cour de la ferme ou dans les ruelles crasseuses des bidonvilles.

 

Chez les grands humanistes de RESF et autres CGT,Autre Monde, Droits Devant, Alternative Libertaire ou même LCR, (ma propre oragnisation avec laquelle je revendique le droit d'être en profond désaccord sur leur « jugement »  hâtif et définitif  de l'occupation de la Bourse du Travail) et consorts, pas touche à la CGT !

 

Parce que l'indépendance vis-à-vis des organisations syndicales est une gageure, parce que nombre de militants des organisations ou collectifs pré-cités sont adhérents de l' « éminente » centrale syndicale, alors pas touche et bouche et bras cousus !

 

On abat pas les mausolées ! On ébranle pas les forteresses ! Non on ferme sa gueule, on reste chez soi et on laisse crever des enfants, des femmes et des hommes qui pour certains d'entre eux n'ont pas revu la mère patrie depuis près de 20 longues années.

 

T'es pas sur un lieu de travail ! T'as pas mis ton autocollant de la Cgt sur ta « poitrine enseigne », t'es qu'une merde, on s'occupera pas de toi, ferme ta geule, libère nos bureaux pour qu'on puisse, avec notre morale et nos idéaux inattaquables défendre tes p'tits camarades qui eux ont raqué la cotise et ont accepté de servir de porte-drapeaux syndicaux sur les trottoirs de leurs restaurants ou de leurs agences d'intérim !

 

Mais qui sont ces syndicalistes, qui ne défendent que les plus forts, les plus nombreux, les mieux organisés !

Mais qui sont ces hommes et ces militants qui distribuent des auto-collants mouillés à la colle néo-coloniale et qui crâchent à la gueule des miséreux et des sans-visages !

 

Ce sont des lâches, des manipulateurs, des malhonnêtes, des irresponsables et des hypocrites, qui rentrent chez eux et dorment profondément alors que moi, après mes visites de soutien rue Charlot, je rentre chez moi et ne parviens pas à trouver le sommeil, tant la colère me tient en éveil, en fureur rentrée et me ronge en pensant à mes camarades livrés à leur destin et à la condamnation édictée par quelques tout petits « marquis » du « mouvement social » !

 

Ches ces gens-là, m'sieurs-dames, on juge !

 

Ainsi que n'a-t-on pu lire depuis le 2 mai sur la toile ou ailleurs :

  • que l'action de nos camarades était une occupation désastreuse,

  • que la Bourse du Travail n'était pas la « bonne cible »,

  • que les camarades de la CSP75 dont beaucoup ont cessé de travailler n'étaient pas des grévistes, ou encore que les syndicats ne s'occupaient que des grèves sur lieu de travail...

 

Foutaises et lâchetés, argumentation bidon et dégeulasse !!!

 

Faut-il en avoir du caca dans le coeur pour balancer de telles saloperies et se laver les mains du sort de ces travailleurs en lutte depuis plus de 130 jours !

 

Je veux ce jour, condamner les lâchetés perpétrées durant ces 4 mois d'occupation de la Bourse du Travail contre mes camarades de la CSP 75 !

 

Et je veux solennellement rappeler ici toute la solidarité et la fraternité que je leur porte au plus profond de mon coeur, ma conscience et mon être !

 

Je veux redire, combien je considère, courageuse, judicieuse et intelligente l'action de mes camarades qui en 4 mois ont pu ainsi : sortir de l'ombre, générer de nombreux articles de presse, amener une merveilleuse artiste à croquer leurs jours de combats sur le Canson, rencontrer de nombreux citoyens qui passaient dans ce quartier haut-lieu de la « boboterie » égoïste et futile, faire naître d'inombrables et profondes amitiés fraternelles entre ceux qui ont eu la chance de naître du bon côté de l'océan ou de la Méditerrannée et ceux qui abandonnant parents et biens ont ignoré que la France était en péril aux mains de minables « poli-tocards » racistes qui hélàs nous gouvernent actuellement ou nous ont gouverné sous l'inénarable gauche peut-être plurielle mais sûrement pas courageuse pour un centime d'euro.

 

Courage, camarades, c'est vrai, beaucoup de pseudos-militants vous ont méprisé, et ce de façon très violente et décomplexée; beaucoup de pseudos-humanistes vous ont oublié tout l'été durant dans leurs incessants appels au soutien financier de toutes les occupations sauf la vôtre, vous traitant ainsi comme d'invisibles gueux, bien capables de vous nourrir des immondices débordant des containers à ordures que les gestionnaires de la rue Charlot laissaient traîner et empester sous les nez et les yeux des enfants et de nos camarades allongés à même le sol, beaucoup de « grands-penseurs » de la lutte des « sans-papiers » et de « donneurs de leçon » capables d'estimer la « pertinence » de l'action des adhérents de la CSP75 vous ont condamné, s'attribuant le privilège néo-colonial et bassement paternaliste de parler en votre nom, nous renvoyant ainsi aux calendes d'un Empire exotique qu'on avait crû enterrer dans les bas-fonds de la triste histoire de notre pays.

 

Alors s'il est vrai, que nous sommes quelques uns à vous avoir soutenus dès le 2 mai, avec nos modestes moyens physiques, financiers et même psychiques. Et bien sachez que nous sommes toujours-là, camarades !

 

Nous serons à vos côtés jusqu'à la victoire finale que nous ne partagerons pas avec tous ceux qui vous ont freinés, entravés et abandonnés à tort et certainement pas à raison !

 

Pas de tri des luttes !

Respect de l'autonomie des « sans-papiers » !

Vive la régularisation de tous les sans-papiers !

Liberté de circulation et d'installation pour toutes et tous !

 

Salutations révolutionnaires / solidairement

 

Jean-François HIRSCH

 

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